Un détecteur de lumière
Le détecteur
de lumière présenté ici n'a sans doute qu'un intérêt
pratique limité, mais le schéma, nous le verrons, recèle une
astuce intéressante...
Ce détecteur a
pour mission de réagir à la lumière, c'est-à-dire qu'étant
au préalable plongé dans l'obscurité, il ne se manifestera que
s'il est exposé à la lumière. Si par exemple il est placé
dans une pièce très sombre, il détectera l'allumage de la
lumière. Reste à trouver une utilité concrète à ce
montage...
Ajoutons que
lorsqu'il détecte la lumière, ce montage déclenche deux
alarmes: l'une, visuelle (allumage d'une DEL), l'autre, sonore
(buzzer).
Enfin, il est
à noter que ce montage étant articulé autour d'une bascule
bistable, il mémorisera toute exposition à la
lumière. Ainsi, on aura beau le replonger dans l'obscurité
sitôt après déclenchement des alarmes, il continuera de se
faire entendre... Il sera donc judicieux de prévoir un
interrupteur.
Le
schéma

On distingue,
de gauche à droite, trois blocs fonctionnels:
-
le
détecteur proprement dit, construit autour d'une LDR et
d'une bascule bistable, avec une DEL de visualisation sur
la sortie Q barre
-
un
multivibrateur, dont la fréquence peut être réglée à
l'aide d'un ajustable de 10 k
-
un bloc
amplificateur, construit autour d'un transistor BC547,
qui attaque un transducteur piézo (modèle
"pastille")
Les quatre
portes NON-ET peuvent être fournies par un 4011 ou, mieux, un
4093. L'alimentation sera confiée à une pile de 9 V.
Nous ne nous
attarderons pas sur le fonctionnement du détecteur proprement
dit. Rappelons simplement que la résistance d'obscurité de la
LDR est très grande, et beaucoup plus petite lorsqu'elle est
exposée à la lumière. A ce propos, il est fortement conseillé
de mesurer ces deux valeurs à l'aide de la fonction ohmmètre
d'un multimètre.
La LDR et la
résistance de 10 k (qu'il faudra peut-être augmenter ou
diminuer) forment un pont diviseur et l'on voit bien que si la
LDR est plongée dans l'obscurité la plus profonde, la tension
sur l'entrée SET sera très voisine de Vcc (donc d'un niveau
haut). En pleine lumière, la tension sur SET doit chuter au
tiers de Vcc, ou moins. A ce moment-là, la sortie Q passe à 1,
donc la sortie complémentaire Q barre passe à 0: la DEL
s'allume; par la même occasion, le multivibrateur devient
opérationnel.
Question à
méditer: et si on inversait la résistance de 10 k et la LDR?
Question
subsidiaire: peut-on faire mieux (ou autrement) en ce qui
concerne le bloc "multivibrateur"?
RAZ
automatique
Ce qui nous
intéresse, dans ce schéma somme toute très basique, c'est une
petite astuce qui pourra servir en maintes occasions.
Peut-être
avez-vous noté la présence d'un condensateur de 10 µF, entre
l'entrée RESET de la bascule et la masse. Ce condensateur est
monté en série avec une résistance de 1 MW, une
valeur conséquente. A quoi servent-ils?
Réfléchissons...
Que se
passera-t-il lorsque le circuit sera mis sous tension, en
supposant que cette opération se déroule en pleine lumière, ce
qui parait le plus probable? La DEL ne s'allumera qu'au bout de
plusieurs secondes.
A l'origine, en
effet, le condensateur de 10 µF est déchargé. A la mise sous
tension, il commence de se charger, lentement, à travers la
résistance de 1 MW, la durée étant liée au produit
de R et de C, ce qui explique la valeur importante de R.
Si on place le
montage dans l'obscurité pendant ce temps, la bascule ne
basculera pas. Elle ne le fera que si on l'expose à nouveau à
la lumière.
En résumé, le
condensateur et sa résistance assurent une fonction de RAZ
automatique à la mise sous tension (power on reset,
en anglais).
On détermine
les valeurs de C et de R selon que l'on désire une remise à
zéro très rapide, ou au contraire, comme ici, beaucoup plus
lente. |