Un variateur pour ampoule 100 W
Commençons par une mise en
garde: ce projet, s'il reste tout à fait à la portée d'un
amateur, nécessite de prendre de sérieuses précautions, car le
montage est branché sur le secteur. Il s'agit en effet d'un
gradateur, aussi appelé variateur, qui a pour rôle de faire
varier l'intensité lumineuse d'une ampoule. Il conviendra donc
de s'assurer qu'il n'existe aucune possibilité, pour
l'utilisateur, d'entrer en contact avec les 230 V du secteur.
Précision importante: ce
schéma proposé ici n'est valable que pour une charge
non-inductive (ampoule à incandescence classique) et
non pour une charge inductive (appareil à moteur tel que
perceuse, mixer...).

Le
schéma du gradateur. Attention au condensateur de 47 nF: il doit
pouvoir supporter les 230 volts (tension efficace) du secteur,
donc 400 volts en tension crête.
Petit
rappel théorique
Un gradateur, couramment
appelé variateur, est un dispositif permettant de faire varier
la puissance dans une charge raccordée au secteur. Cette charge
peut être une ampoule, une perceuse (moteur électrique), etc...
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Le triac est assurément le composant
tout désigné pour ce type d'application, bien qu'il
existe désormais sur le marché des circuits intégrés
spécialisés, très sophistiqués et d'ailleurs assez
onéreux. Le triac possède l'avantage d'une grande
simplicité de mise en oeuvre, d'un prix modique, et il
donne d'excellents résultats. Comme souvent pour ce type
de réalisation, le triac est ici associé à un diac.
Le gradateur que nous allons réaliser
est destiné à une lampe d'éclairage. Il sera capable
de faire varier l'intensité lumineuse de l'ampoule de 0
à 100% et autorisera un réglage très fin, grâce à un
potentiomètre.
L'illustration de
gauche montre comment le potentiomètre permet de faire
varier à volonté l'intensité dans la charge, en
retardant l'impulsion de déclenchement du triac, qui
reste amorcé jusqu'au passage par zéro (zero
crossing) de la sinusoïdale secteur. |
Reprenons le schéma de
principe. Les deux condensateurs assurent le déphasage de la
commande en phase. Dès que le diac 32 V est amorcé, le
condensateur de 33 nF se décharge dans la gâchette du triac et
commande le passage du courant. La coupure du triac se produira
au prochain passage par zéro de la sinusoïde secteur, et un
nouveau cycle recommence aussitôt.
L'intensité lumineuse est
réglée par l'intermédaire du potentiomètre, associé à une
résistance talon de 4,7 k, qui détermine la durée du passage
du courant dans la charge. Le triac est protégé par un fusible
de 1 A, un modèle temporisé.
On peut, si on le désire,
monter un voyant néon 230 V aux bornes du secteur, dont le rôle
sera de signaler que l'interrupteur est sur marche. Ce voyant
sera utile lorsque l'inter est resté sur marche et que la
puissance de l'ampoule est de zéro. Attention: il faut choisir
un modèle de voyant néon prévu pour être branché directement
sur le secteur. Un voyant de ce type coûte moins de 2 euros.
Cahier
des charges
Le cahier des charges de
notre gradateur est le suivant:
- être capable de
piloter une charge dont la puissance sera de 40 W environ
à 200 W maxi
- variation linéaire de
l'intensité dans la charge, de 0 à 100%
- réglage fin de
l'intensité
- mémorisation du
dernier réglage
- protection par fusible
- isolation
parfaite pour une sécurité totale
- simplicité de mise en
oeuvre et prix modique
Liste
des composants
- P : 470 k lin
- R : 4,7 k
- R : 15 k
- C1 : 47
nF/400 V ! (voir ci-dessous)
- C2 : 33 nF/63 V
- Triac 400 V, 6 ou 8 A
- Diac 32 V
- Interrupteur 220 V
- Fusible 1 A tempo, un
porte-fusible
- 2 borniers 2 plots
- Radiateur pour triac
(si P > 100 W)
- Coffret plastique
- Bouton pour axe
potentiomètre, 2 passe-fils PVC, fil de câblage isolé
- Facultatif: voyant
néon 220 V
Le condensateur C1 de 47 nF doit obligatoirement être capable de supporter une tension efficace de 250 V,
à défaut de quoi il faudra impérativement choisir un modèle
marqué 400 V. En cas de doute, prenez un
modèle pouvant supporter 400 V à ses bornes.
Réalisation
pratique
La réalisation pratique de
ce montage ne pose aucune difficulté particulière au niveau du
câblage, mais la partie mécanique (mise en boîtier, liaisons
filaires) nécessite une grande attention. Voic un exemple de
routage.

Il faut tenir compte, dès
le départ, du fait que la platine sera insérée dans un
boîtier, donc s'assurer que le modèle retenu (obligatoirement
en matière plastique rigide) sera assez grand pour contenir la
platine et les composants déportés en face avant (potentio,
inter, éventuellement le fusible), et en outre permettre le
passage des cordons secteur.
Pour gagner de la place en
hauteur, les pattes du triac seront coudées à 90° pour un
montage en position couchée, sauf bien entendu si on devait lui
adjoindre un radiateur. Tant que la puissance de la charge ne
dépasse pas 100 W, ce radiateur n'est toutefois pas nécessaire.
Attention: les trois pattes du triac sont très proches l'une de
l'autre! Pour éviter un malencontreux pont de soudure, on peut
plier la patte du milieu "plus court", de manière à
ce que la soudure ne soit pas trop voisine des deux autres.
En ce qui concerne
l'interrupteur, on choisira de préférence un modèle à
poussoir plutôt qu'un modèle à bascule. C'est à la fois plus
fonctionnel et plus esthétique.
Pour qu'un éventuel
remplacement du fusible ne nécessite pas l'ouverture du
boîtier, il faut choisir un modèle de porte-fusible
"châssis", dont le bouchon sera à l'extérieur du
boîtier. Notez que le diamètre de perçage est assez important
(environ 10 mm).
Si on préfère un
porte-fusible à souder sur la plaquette, il va de soi que le
coffret devra être démontable, ce qui impose des précautions
particulières vis-à-vis de la solidité et de l'étanchéité
de ce coffret. Si la fermeture du coffret se fait à l'aide de
vis, il faudra s'assurer qu'aucune de ces vis ne pourra jamais
entrer en contact avec le potentiel secteur (via un composant,
une soudure, un fil dénudé...), même en cas de chute du
coffret.
Deux des connexions du
potentiomètre linéaire, celle de gauche et celle du milieu,
seront reliées entre elles (voir dessin). Comme l'interrupteur,
le potentio sera relié à la plaquette par du câble souple et
des picots. L'axe sera coupé à la bonne longueur de manière à
ce que le bouton, de préférence un modèle à serrage par vis,
effleure tout juste la paroi du boîtier.
Enfin, les fils du cordon
secteur, ceux qui vont à la lampe comme ceux qui vont à la
fiche secteur, seront solidement reliés à la plaquette par
l'intermédiaire de deux borniers à vis. Le passage des cordons
à travers les parois du coffret sera assuré par des passe-fils
de diamètre adéquat. On vérifiera qu'une traction accidentelle
sur ces cordons ne provoque pas l'arrachement des fils.
Ce montage, on le voit,
impose une réalisation très rigoureuse vis à vis de la
sécurité de l'utilisateur. Il ne nécessite aucun réglage: si
d'aventure il ne fonctionnait pas, et si tous les branchements
ont été correctement réalisés, il est probable que la cause
en serait un court-circuit du triac, auquel cas il faudrait
remplacer ce composant. Si vous êtes amené, pour une raison ou
une autre, à intervenir sur ce montage, n'oubliez jamais, au
préalable, de le débrancher du secteur. |