Un détecteur de niveau de luminosité
Cahier des
charges
Nous voulons réaliser un
dispositif capable de réagir à la variation de l'intensité
lumineuse à laquelle il est soumis, autrement dit un détecteur
de lumière (ou d'obscurité, au choix). Ce type de montage est
un grand classique, dont il existe de très nombreuses versions.
Notre détecteur devra donc
signaler, par l'intermédiaire d'une DEL, clignotante ou non,
d'une alarme sonore (buzzer), etc., le passage d'une lumière de
plein jour à l'obscurité de la nuit, ou vice versa. On pourra,
à l'aide d'un ou plusieurs réglages, modifier la sensiblité du
détecteur, donc le seuil de basculement: pénombre, forte
pénombre, obscurité totale...
On pourra encore envisager
d'autres applications, par exemple un dispositif capable de
"mesurer" l'intensité lumineuse ambiante. Le quadruple
AOP LM324, doté de quatre sorties, pourrait
aisément fournir quatre indications, correspondant à quatre
valeurs d'intensité lumineuse. Disons-le d'emblée, il ne faudra
pas s'attendre à une précision mirobolante, le capteur
proprement dit étant une simple LDR. On peut cependant obtenir une maquette
intéressante, au moins du point de vue didactique...
Principe du
détecteur à base d'AOP
Le
schéma de principe s'articule autour d'une LDR et d'un AOP, de
préférence un LM324. La valeur des ajustables n'est pas
critique; de toute manière, il faudra tâtonner un peu pour
trouver le meilleur réglage. L'image de droite montre un modèle
de LDR couramment disponible. N'espérez pas des miracles de
précision: nous réalisons ici un détecteur très simple, voire
"rustique", pas un instrument de mesure!
Le 324 est monté en
comparateur de potentiel. Si le potentiel présent sur l'entrée
e+ est supérieur au potentiel de référence présent sur
l'entrée e-, la sortie sera haute. En cas contraire, la sortie
sera basse. Dans le schéma proposé, deux DEL, une rouge et une
verte, permettent de visualiser le niveau de la sortie. L'une de
ces deux DEL sera donc forcément allumée à tout moment. Si on
le préfère, on peut ne monter qu'une seule DEL, celle qui
signale, par exemple, un niveau haut en sortie (la verte). On
peut aussi relier la sortie de l'AOP à un multivibrateur
astable, qui fera clignoter une ou deux DEL. On le voit, les
possibilités sont multiples.
Reprenons le schéma de
principe: un pont diviseur, composé d'une résistance de 100 k
et d'un ajustable de 150 k, fixent un potentiel de référence
sur l'entrée inverseuse. Une fois réglé, à l'aide de
l'ajustable, ce potentiel ne bougera plus. Un autre pont
diviseur, constitué d'un ajustable de 47 k et de la LDR,
détermine le potentiel présent sur l'entrée e+. Ce potentiel
est variable, puisqu'il dépend de la valeur ohmique de la LDR,
laquelle valeur varie en fonction de la lumière ambiante.
De deux choses l'une: ou
bien le potentiel en e+ est supérieur au potentiel, fixe, en e-,
et dans ce cas la sortie est haute, ou bien c'est le contraire,
et la sortie est basse. Si les deux DEL sont montées tel
qu'indiqué, le basculement dans un sens se traduira par
l'extinction d'une DEL et l'allumage simultané de l'autre, et
vice versa dans l'autre sens.
Réalisation
pratique
Notez bien que les valeurs
indiquées pour les résistances et ajustables ne sont pas
critiques; en fait, leur valeur est à déterminer de manière
expérimentale, par approximations successives. Ceci est dû, en
grande partie, à la toute relative précision et à la
non-linéarité de la LDR. L'ajustable de 47 k, par exemple,
pourra être remplacé par un ajustable de 10 k, 100 k, voire
davantage. Quant au second ajustable, sa valeur est là encore
donnée à titre indicatif: essayez au besoin 47 k, 100 k, ou 220
k, voire davantage, ou alors simplifiez le problème en montant
deux résistances fixes de même valeur, ce qui vous donnera sur
e- un potentiel égal à la moitié de Vcc. Si le résultat ne
vous satisfait pas, essayez d'autres valeurs: le quart, le tiers,
les deux tiers, les trois quarts... Vous finirez bien par
trouver!
Pour affiner vos réglages,
la meilleure méthode consiste sans doute à mesurer, avec la
fonction ohmmètre de votre multimètre, la valeur ohmique de la
LDR en pleine lumière, puis dans l'obscurité (recouvrez la face
sensible de la LDR d'un capuchon, par exemple une boîte
d'emballage de pellicule photo en plastique noir). Ces deux
valeurs vous seront utiles pour calculer votre pont diviseur. Si
vous avez mis en place un ou des ajustables, servez vous de la
fonction voltmètre du multimètre pour mesurer les potentiels
présents sur e+ et e-, selon la position angulaire des curseurs.
Prenons un exemple: le
potentiel de référence sur e- est de 4,5 V, la tension
d'alimentation Vcc étant de 9 V. Pour que la sortie soit haute,
il faut sur e+ un potentiel supérieur à 4,5 V. Si la LDR est
associée à une résistance de 47 k, ce potentiel supérieur à
4,5 V sera atteint quand la valeur ohmique de la LDR sera
supérieure à 47 k. Vous désirez un seuil de basculement plus
sombre? Portez le potentiel de référence à 6 V, soit les deux
tiers de Vcc. Dans ce cas, le sortie sera haute quand la valeur
ohmique de la LDR atteindra 94 k. Toute la question est de savoir
à quelle luminosité correspond cette valeur. Et cela dépend
essentiellement du modèle de LDR que vous utilisez.
Une autre
solution, à base de 4011
Le schéma à base de 4011
propose une alternative d'une conception très différente,
puisqu'il fait appel non pas à un AOP, mais à un circuit
logique, lequel contient quatre portes NON-ET. Deux sorties S
complémentaires sont disponibles; "complémentaires"
signifie que si l'une des sorties est haute, l'autre est basse,
et vice versa. Il suffit de consulter la table de
vérité du 4011
pour s'en convaincre.

Un pont diviseur, composé
de la LDR et d'un ajustable de 150 k, détermine un potentiel sur
les entrées de la porte A. Suivant la valeur de ce potentiel, le
première sortie sera haute ou basse. Pour la suite,reprenez la
table de vérité! Mentionnons toutefois que le montage
particulier entre la sortie de la porte B et les entrées de la
porte A, via une résistance de 1 M, s'appelle un trigger
de Schmitt: son rôle est de fournir un état haut ou
bas bien net et sans ambiguité. Supposez que les deux entrées
de A sont à 0, la sortie est donc à 1, de même que les deux
entrées de B, par conséquent la sortie de B est à 0 et ce
niveau bas est "renvoyé" aux deux entrées de A, comme
pour le "renforcer".
Une porte logique, en effet,
ne reconnait que des niveaux 0 ou 1, bas ou hauts, et les niveaux
"flous" sont à proscrire. En supposant, par exemple,
qu'un niveau 0 corresponde à une tension inférieure à 2,5 V et
qu'un niveau 1 corresponde à une tension supérieure à 6,5 V
(ces valeurs sont données pour l'exemple), il faut absolument
éviter toute valeur de tension intermédiaire, car la porte ne
saurait l'identifier clairement.
Comme le montage
précédent, celui-ci peut attaquer un dispositif de
signalisation au choix: DEL ou buzzer, ou encore actioner un
dispositif de contrôle (mise en marche d'un appareil...)
Rappel: tout ce qui a été
dit concernant la précision de la LDR reste bien entendu valable
et il est probable que la mise au point de ce montage demande une
certaine patience! La difficulté réside dans le fait qu'il
n'est pas si facile de déterminer un seuil de basculement
associé à un éclairement très précis. Un conseil: choisissez
plutôt des valeurs extrêmes, en tout cas assez distantes, plein
jour et obscurité totale, plutôt que faible lumière et
légère pénombre... Le résultat obtenu dépendra, en grande
partie, des performances du modèle de LDR que vous utiliserez.
Petite question
(facultative): pourrait-on remplacer le 4011 par un 4001?
Reportez-vous au chapitre consacré aux portes
logiques et faites
l'expérience!
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