|
Qu'est-ce qu'un circuit "logique"?
On appelle
"logique" un circuit intégré spécialisé, destiné
à réaliser une opération booléenne.
On se souvient que la
logique booléenne repose sur quelques idées simples (et
cependant géniales!): le courant passe, on a un état
haut, noté 1. Le courant ne passe pas, on a un état
bas, on le note 0. Pour laisser passer le courant ou
au contraire l'empêcher de passer (allumer ou éteindre une
ampoule, par exemple), on utilise un interrupteur. Si on
combine deux ou plusieurs interrupteurs, on réalise une
opération, ou fonction, logique.
Les c.i. logiques
regroupent, pour les modèles les plus simples, quatre portes (gates, en anglais) identiques comportant chacune deux
entrées et une sortie. D'autres
modèles, dont nous reparlerons, sont un peu plus complexes.
 |
 |
Le symbole générique d'une porte à deux
entrées et le brochage des c.i. logiques à quatre
portes est donné ci-contre.
Ces c.i. se
présentent sous la forme d'un boîtier DIL 14, la broche
14 étant dédiée à l'alimentation positive (VDD),
la broche 7 à la masse (VSS).
On
trouve ensuite quatre portes indépendantes, comportant
chacune deux entrées (I pour input) et une
sortie (O pour output). |
Cliquez
ici pour un rappel
des notions de base de la logique booléenne.

Principe
de fonctionnement des circuits logiques
Le fonctionnement des c.i.
logiques, en ce qui concerne tout du moins les modèles les plus
"élémentaires", est d'une grande simplicité. Il
suffit d'alimenter le c.i. sous une tension positive adéquate,
puis d'appliquer deux signaux sur les deux entrées d'une même
porte. On obtient en sortie soit un état haut, soit un état
bas.
La table de vérité (truthtable, en anglais) d'un c.i. résume sous la forme
d'un tableau tous les cas de figure possibles, selon les signaux
appliqués aux différentes entrées.
| |
|
ET (AND) |
NON-ET (NAND) |
| Entrée
1 |
Entrée
2 |
Sortie |
Sortie |
| 0 |
0 |
0 |
1 |
| 0 |
1 |
0 |
1 |
| 1 |
0 |
0 |
1 |
| 1 |
1 |
1 |
0 |
Le tableau ci-dessus donne
un exemple de tables de vérité pour les opérations logiques ET (AND, en anglais)et NON-ET (NAND,
en anglais), qui sont l'inverse l'une de l'autre. Un état bas
est désigné par 0 et un état haut par 1.
Voici un petit montage tout
simple permettant de "tester" une porte logique
quelconque et d'écrire sa table de vérité.

L'appui
sur les boutons-poussoirs E1 et E2 porte l'entrée correspondante
à l'état haut. Le condensateur de découplage de 47 µF est
facultatif, mais conseillé. A noter que les entrées
inutilisées sont toutes reliées à la masse.

Principales
caractéristiques des circuits logiques
Il existe plusieurs
"familles" de c.i. logiques, d'où une grande variété
de préfixes (HCC, HCF, HCT, HEC, HEF, etc.) pour un modèle
donné. Les différences portent en général sur quelques
paramètres, dont la tension d'alimentation ou la température de
service. Les modèles sont numérotés à partir de 4000.
Voici un extrait de la fiche
technique des HE4000B (caractéristiques communes à tous les
modèles appartenant à cette famille, sauf exception):
Famille
HE4000B (préfixe HEC ou HEF)
| Symbol |
Parameter |
Typical |
Unit |
| VDD |
Supply voltage |
3 to 15
(max: 18) |
V |
| VSS |
Supply voltage |
ground |
|
| I |
DC current into any
input |
10 |
mA |
| Ptot |
Power dissipation per
package |
500 |
mW |
| P |
Power dissipation per
output |
100 |
mW |
| Tamb |
Operating ambient
temperature (HEF) |
-40 to
+85 |
°C |
| VoL |
Output voltage LOW |
0,05 |
V |
| VoH |
Output voltage HIGH |
VDD - 0,05 |
V |
On retiendra, pour
l'essentiel, que les c.i. préfixés HEF ou HEC sont alimentés
sous une tension continue comprise entre 3 et 15 volts (supply
voltage) et que la tension obtenue en sortie (output
voltage) est très proche de 0 V pour un état bas et très
proche de la tension d'alimentation pour un état haut.
Ajoutons que les c.i.
"quadruples portes logiques" sont des composants très
peu onéreux: ils coûtent environ 0,30 euro à l'unité.

Réaliser
une bascule monostable à l'aide de portes logiques
En associant deux ou
plusieurs portes logiques, on peut aisément réaliser un montage
appelé bascule, dont la sortie dépend non
seulement du niveau (haut ou bas) présent sur chacune des
entrées, mais aussi du niveau précédent. La bascule fait donc
intervenir la notion de temps, puisque son état à l'instant t peut être différent de l'état à l'instant t'.
Il existe trois grandes
catégories de bascules:
- la bascule monostable,
destinée surtout à la temporisation,
- la bascule bistable,
destinée au comptage ou à la mémorisation,
- la bascule astable,
ou multivibrateur, qui produit un signal périodique et
qu'on peut assimiler à un oscillateur.
On se souvient que le
timer 555 permet, lui aussi, de réaliser facilement des
bascules astable et monostable.
Un monostable est donc un
petit montage destiné à produire un signal d'une durée
déterminée (autrement dit: une temporisation) à partir d'une
impulsion d'entrée, dite de déclenchement. La durée de ce
signal est fixée à l'aide de quelques composants
périphériques, en général une résistance (ou un ajustable)
et un condensateur.
Les c.i. 4001 et 4011 se
prêtent volontiers à la réalisation de monostables ou de
multivibrateurs. Leur brochage est le suivant:

Pour
chaque c.i., le symbole de gauche est celui utilisé par les
Anglo-saxons, le symbole de droite, celui utilisé en France.
Voici deux exemples de
monostables, qui n'utilisent que deux portes sur les quatre
disponibles:

Monostable
à portes NON-OU (NOR). La temporisation est déclenchée sur un
front montant (positif) et on trouve en sortie un créneau de
niveau haut (tension très voisine de Vcc). Cette bascule n'est
pas redéclenchable.

Monostable
à portes NON-ET (NAND). La temporisation est déclenchée sur un
front descendant (négatif) et on trouve en sortie un créneau de
niveau bas (tension très voisine de 0 V). Cette bascule n'est
pas redéclenchable.
Avec un 4001 ou un 4011, la
durée de la temporisation t est donnée par la formule:
t =
0,7 R C (R en ohms, C en farads)
Un monostable est redéclenchable si la temporisation peut être réinitialisée avant la fin
de son terme; il est dit non-redéclenchable en cas
contraire (une action sur le dispositif de déclenchement,
souvent un bouton-poussoir, restera sans effet tant que la
temporisation ne sera pas arrivée à son terme).

Réaliser
une bascule astable à l'aide de portes logiques
Le 4011 sera à nouveau mis
à contribution, pour réaliser cette fois un multivibrateur,
un petit circuit produisant un signal périodique sous forme de
créneaux rectangulaires, d'une fréquence déterminée, et
capable, par exemple, de faire clignoter une DEL (si la
fréquence est proche de 1 Hz) ou d'émettre un son (si la
fréquence est audible!) dans un haut-parleur.

Le schéma d'application
ci-dessus se révèle d'une grande simplicité, puisqu'il est
conçu autour d'un 4011 et ne nécessite qu'un minimum de
composants périphériques. Le multivibrateur proprement dit est
construit grâce aux deux premières portes NON-ET, le signal
périodique étant disponible broche 4. Il faut par ailleurs
observer que ce multivibrateur oscille lorsque la broche 1, ici
reliée à Vcc (donc à la broche 14), est portée à l'état
haut.
Il est à noter que la
fréquence du signal peut être modifiée en montant un ajustable
et une résistance talon en lieu et place de la résistance fixe
(par exemple, une résistance fixe de 100 k et un ajustable de
100 k, ce qui permet de faire varier la résistance totale entre
100 et 200 kilo-ohms).

Réaliser
une bascule bistable (flip-flop) à l'aide de portes
logiques
Une bascule bistable,
ou RS pour RESET/SET, possède deux états stables et
complémentaires, qu'elle peut conserver tant qu'elle
demeure sous tension. La sortie change d'état sous l'action d'un
signal d'entrée (parfois deux), puis conserve (donc mémorise) l'état de sortie. Les sorties sont en
général notées Q et Q barre.
Le schéma de principe ne
requiert que deux portes NON-ET en couplage croisé,
caractéristique des bascules RS.
 |
Une
entrée de chacune des deux portes (les broches 1 et 6 du
4011) est reliée à l'alimentation Vcc, donc à un
niveau haut, tandis que chacune des deux entrées
restantes (broches 2 et 5) est reliée à la sortie de
l'autre porte. Les sorties sont notées Q et Q barre, et
elles sont complémentaires: quand l'une est haute,
l'autre est basse.
A la mise sous tension du montage,
l'une des deux DEL s'allume, indiquant un niveau 1 sur la
sortie correspondante. En appuyant fugitivement sur les
BP des entrées Set ou Reset, on fait basculer les
sorties: la DEL allumée s'éteint et celle qui était
éteinte s'allume. Le niveau des sorties est donc
inversé. |
Notez qu'il n'est pas
nécessaire de maintenir le contact: une brève impulsion
négative suffit à provoquer le basculement, et les niveaux de
sortie restent stables, tant que le montage est alimenté.
Ce deuxième schéma est un
peu plus sophistiqué que le précédent. Cette fois, la mise en
mémoire s'effectue sur front montant (impulsion positive) d'un
signal d'horloge (clock, en anglais) qui est reçu par
deux entrées de deux portes NON-ET, elles-mêmes reliées au
montage de base (portes A et B en couplage croisé). Les deux
entrées restantes des portes C et D sont les entrées Set et
Reset.

Le signal d'horloge, dont la
période est connue, permet d'exercer un contrôle automatique
sur la bascule. La mémorisation a lieu à un instant précis,
et, de plus, cette validation élimine tout changement d'état
parasite ou non désiré sur Set ou Reset.
Soit dit en passant, le
c.i. référencé 4013 contient deux bascules bistables (dual
flip-flop), qui remplacera avantageusement le montage
ci-dessus.

Les
portes logiques de la famille 4000
Voici les références des
principaux c.i. ne comportant que des portes logiques:
| Référence |
Fonction |
| 4001 |
4 portes NON-OU (NOR) |
| 4011 |
4 portes NON-ET (NAND) |
| 4030 |
4 portes OU-exclusif
(EXOR) |
| 4071 |
4 portes OU (OR) |
| 4077 |
4 portes
NON-OU-exclusif (EXNOR) |
| 4081 |
4 portes ET (AND) |
Il s'agit ici de circuits
intégrés dont les quatre portes possèdent deux entrées et une
sortie. Signalons toutefois qu'il existe d'autres références,
moins couramment utilisées, qui possèdent trois ou même quatre
entrées par porte, par exemple le double 4012 (NAND) à quatre
entrées ou le triple 4073 (AND) à trois entrées:
Sauriez-vous
écrire la table de vérité de ces c.i.? Ce n'est pas difficile!
Cliquez
ici pour un rappel
des opérations de base de la logique booléenne.

Quelques
autres c.i. de la famille 4000
La famille 4000 comporte
beaucoup de c.i. spécialisés: bascules (flip-flops)
monostables ou bistables, compteurs (counters),
compteurs-diviseurs, etc. Voici une courte liste de quelques
modèles faciles à mettre en oeuvre et couramment utilisés:
| Référence |
Fonction |
| 4013 |
Dual D-type flip-flop |
| 4017 |
5-stage Johnson decade
counter |
| 4020 |
14-stage binary counter |
| 4027 |
Dual JK flip-flop |
| 4040 |
12-stage binary counter |
| 4047 |
Monostable/astable
multivibrator |
| 4060 |
14-stage binary counter |
| 4093 |
Quad 2 input NAND
schmitt trigger |
| 4510 |
Up/down BCD counter |
| 4511 |
BCD to 7-segment
latch/decoder/driver |
| 4518 |
Dual BCD counter |
| 4520 |
Dual binary counter |
| 4528 |
Dual monostable
multivibrator |
Pour une liste plus
complète des références de la famille 4000, cliquez
ici.
On se reportera à la data
sheet du circuit concerné pour obtenir toutes les
informations utiles à sa mise en oeuvre (brochage,
fonctionnement, schéma d'application...). Il faut le répéter,
ce document, aisément et gratuitement disponible sur Internet,
est une véritable mine d'or!
Nous allons présenter
brièvement quelques modèles très "populaires", que
l'on retrouve souvent dans les montages de loisirs. Ces modèles
se caractérisent par une mise en oeuvre simple, des performances
étonnantes et un prix des plus modiques (moins de 0,70 euro).
Donc, toutes les conditions sont réunies pour expérimenter!
Le 4093, 4 portes NAND à trigger de
Schmitt
Le 4093 contient quatre circuits appelés trigger de Schmitt.
En fait, il fonctionne comme un 4011 (quadruple NAND) dont toutes
les entrées seraient dotées d'un trigger de Schmitt. Voici son
brochage; notez le symbole du trigger:

Naturellement,
l'expression un peu barbare "trigger de Schmitt" a de
quoi rendre perplexe... De quoi s'agit-il? Ni plus ni moins d'une
bascule à deux seuils.
On se souvient
en effet que les circuits logiques, pour fonctionner
correctement, ont besoin de bien distinguer, sur leurs entrées,
entre un niveau haut et un niveau bas, donc une tension Hi et une
tension Lo. Tout signal dont la tension n'est pas égale ou
supérieure à Hi, ou encore égale ou inférieure à Lo, donc
dans la zone intermédiaire, est à proscrire.
Qui plus est,
des variations de tension rapides et/ou répétées risqueraient
dans certains cas de provoquer des dysfonctionnements ou des
anomalies dans un montage. Pour se prémunir contre ces
désagréments, on fixe deux seuils bien déterminés, qui
serviront de références Hi et Lo, et qui permettront
d'identifier tout signal d'entrée comme étant de niveau logique
1 ou 0.

En résumé, le
trigger à pour mission d'assurer un basculement net et franc en
présence d'une tension variable. La différence entre les
tensions de niveau haut et de niveau bas s'appelle (encore un nom
impossible!) hystérésis.
Si l'une des
entrées du 4093 reçoit un signal sinusoïdal, l'autre entrée
étant reliée à Vdd, la sortie sera un signal rectangulaire
périodique (en bleu sur le dessin):
.gif)
A titre
indicatif, on trouvera, en se reportant à la data sheet du 4093, une tension de seuil Hi de 5,9 V typique et une tension
de seuil Lo de 3,9 V typique, lorsque la tension d'alimentation
est de 10 volts.
La double bascule type D 4013
Le 4013 est
une double bascule type D: il contient deux bascules
indépendantes. Voici son brochage:

Une bascule type D (D-type
flip-flop) est une bascule bistable. Ses deux sorties
complémentaires sont notées Q et Q barre: elles sont
complémentaires en ce sens que si Q est égal à 1, Q barre sera
égal à 0, et vice versa. Suivant le cas, on dira que la bascule
est à l'état SET ou à l'état RESET:

Une bascule type D possède
quatre entrées et, on vient de le dire, deux sorties (Q et Q
barre).

Les entrées sont:
- DATA: cette entrée
peut être à l'état bas (LOW) ou haut (HIGH)
- CLOCK: l'entrée
d'horloge doit recevoir des signaux à pentes bien
raides. Le 4013 réagit au front montant du signal (on
dit en anglais qu'il est rising-edge triggered).
Ce signal d'horloge peut être fourni, par exemple, par
un multivibrateur.
- SET: lorsque
cette entrée est portée à l'état haut, la bascule est
forcée à l'état SET (Q = 1).
- RESET: lorsque cette
entrée est portée à l'état haut, la bascule est
forcée à l'état RESET (Q = 0).
La bascule type D fonctionne
comme suit: le niveau logique (0 ou 1) de l'entrée DATA est
transféré à la sortie Q sur front montant du signal d'horloge
CLOCK.
Voici une application très
classique, qui est un diviseur par 2, ou encore, ce qui revient
au même, un compteur binaire 1 bit. Il suffit de relier
l'entrée DATA à la sortie Q barre:

Que se
passera-t-il? SET et RESET sont à l'état 0 et le resteront.
CLOCK est au niveau 0 et donc Q est aussi au niveau 0. Q barre
est par conséquent au niveau 1 et on peut en dire autant de
DATA, puisque DATA est relié à Q barre. Arrive le premier front
montant du signal d'horloge: le niveau 1 de DATA est transféré
à Q, qui passe donc à 1. Q barre bascule à 0, et il en va de
même pour DATA. Arrive le deuxième front montant du signal:
DATA est toujours à 0 et ce niveau est transféré à Q. Q barre
bascule à 1, idem pour DATA, et ainsi de suite...
| SET |
RESET |
CLOCK |
DATA |
Q |
NOT Q |
| 0 |
0 |
0 |
1 |
0 |
1 |
| 0 |
0 |
 |
1 |
1 |
0 |
| 0 |
0 |
 |
0 |
0 |
1 |
| 1 |
0 |
X |
X |
1 |
0 |
| 0 |
1 |
X |
X |
0 |
1 |
Conclusion: le
nombre d'impulsions en entrée (CLOCK) est bien divisé par deux
en sortie (Q).
Le compteur décimal 4017
Le 4017 est un compteur
décimal, c'est-à-dire un c.i. capable de compter de 1 à 10. Il
comporte deux entrées d'horloge (clock)
complémentaires: CP0 déclenche le comptage sur front montant
(CP1 étant maintenu à l'état bas), CP1 sur front descendant
(CP0 étant maintenu à l'état haut). On a donc le choix entre
une logique positive ou négative.
Le comptage est
matérialisé par un état haut sur la sortie correspondante
(d'abord O0, puis O1, puis O2, etc.). Plus précisément, on aura
O1 à l'état haut et toutes les autres sorties à l'état bas;
puis, lors de l'impulsion suivante sur l'entrée d'horloge, O1
repassera à l'état bas et ce sera au tour de O2 de passer à
l'état haut, et ainsi de suite.

On notera que la sortie carry
out permet un montage "en cascade" de plusieurs
4017, ce qui rend possible une extension considérable de la
capacité de comptage (unités, dizaines, centaines...). La
broche 12 est à l'état bas lorsque le compteur est positionné
sur l'un des états 5, 6, 7, 8 ou 9.
Enfin, l'entrée MR (master
reset) remet le compteur à zéro lorsqu'elle est portée à
l'état haut.
Cerise sur le gâteau, un
dispositif interne de correction automatique rétablit un
comptage normal après 11 impulsions suivant une éventuelle
impulsion erronée...
Le tableau ci-dessous
résume les différentes opérations réalisées par le 4017 en
fonction des états des entrées. Un X signifie "état
indifférent".
| MR |
CP0 |
CP1 |
OPERATION |
| H |
X |
X |
O0 =
O5-9 = H; O1 to O9 =
L |
| L |
H |
 |
Counter
advances |
| L |
 |
L |
Counter
advances |
| L |
L |
X |
No change |
| L |
X |
H |
No change |
| L |
H |
 |
No change |
| L |
 |
L |
No change |
|
H = HIGH state (the
more positive voltage)
L = LOW state (the less positive voltage)
X = don't care (state is
immaterial)
positive-going (LOW to HIGH)
transition
negative-going (HIGH to LOW) transition
|
Et voici un
extrait du timing diagram, lorsque le 4017 avance sur
front montant, donc sur une impulsion positive sur l'entrée CP0,
les entrées CP1 et MR étant au niveau bas:

Le compteur binaire à 14 étages 4060
Comme les modèles
référencés 4020 et 4040, le 4060 est un compteur un peu
particulier, puisque chaque impulsion sur son entrée d'horloge
se traduit, au niveau de ses différentes sorties, par une
division de la fréquence du signal d'entrée, le diviseur étant
toujours un nombre binaire (16, 32, 64...).
Si la fréquence du signal
d'entrée est égale à f, on aura donc sur chaque sortie un
signal de fréquence f/16, f/32, f/64, etc. A propos du signal
dit "d'entrée", celui-ci peut en fait être généré
par le 4060 lui-même, soit à l'aide d'un réseau RC, soit à
l'aide d'un quartz.
Voici le brochage du 4060.
Sur la broche 1, la sortie est appelée Q12: on a un facteur de 2
puissance 12, soit 4096. Ce facteur est de 16 sur la broche 7 (2
puissance 4), de 32 (2 puissance 5) sur la broche 5, etc. Sur la
broche 3, on divise par 16.384! On notera que la sortie Q11 n'est
pas disponible dans cette version.

La configuration de
l'oscillateur interne du 4060 permet d'envisager trois types de
circuit d'horloge: soit avec un réseau RC, soit avec un quartz,
ou encore avec un signal externe. Dans ce dernier cas, le signal
est présenté sur l'entrée RS, les broches RTC et CTC restant
"en l'air" (non connectée).
 |
Le
4060 offre la possibilité de générer lui-même la
fréquence de base fosc, qui sera ensuite
divisée sur les sorties. Le schéma de gauche montre
comment fixer la valeur de cette fréquence à l'aide de
deux résistances et d'un condensateur externes.
On tiendra compte des
conditions suivantes:
R2 doit être égale
à environ deux fois Rt
Rt doit être
supérieure à 10 kW et inférieure à 1 MW
Ct doit être
supérieur à 50 pF |
Le compteur avance sur front
descendant de RS. Si MR (master reset) est porté à
l'état haut, le compteur est réinitialisé, toutes les sorties
Q passent à l'état bas. Ajoutons que la fréquence maximale de
l'oscillateur frôle les 90 MHz (version HC ou HCT)!

Ci-dessus,
un chronogramme partiel des sorties Q4 à Q6. La fréquence de
base est divisée par 16, par 32, par 64. On obtient en sortie
des fréquences qui ont entre elles des rapports fixes et
précis.
Les modèles 4020 et 4040
sont assez similaires au 4060, sauf en ce qui concerne l'entrée
d'horloge. Consultez leurs fiches techniques!
Le multivibrateur astable/monostable
4047
Nous allons conclure ce bref
aperçu avec le 4047, un c.i. "ambidextre", pourrait-on
dire, permettant aussi bien une utilisation en multivibrateur
astable qu'en monostable (one shot, en anglais). Le 4047
ne nécessite que deux composants périphériques, une
résistance (entre les broches 2 et 3) et un condensateur (entre
les broches 1 et 3).
Voici le bochage du 4047,
qui se présente sous boîtier DIL-14:

Le mode astable
est activé par un niveau haut sur l'entrée ASTABLE. La période
du signal carré sur les sorties O et O barre (complémentaire de
O) est fixée par la valeur des composants périphériques. Cette
période sera divisée par 2 sur la sortie OSCILLATOR OUTPUT.
En mode
monostable, le déclenchement sur front montant (positif) est
réalisé en présentant un front positif (leading-edge pulse)
sur +TRIGGER et un niveau bas sur -TRIGGER. Le déclenchement sur
front descendant (négatif) est réalisé en présentant un front
descendant (trailing-edge pulse) sur -TRIGGER et un
niveau haut sur -TRIGGER. La durée des impulsions d'entrée est
sans effet sur le signal de sortie. En logique positive
uniquement, le monostable peut être redéclenché en présentant
une impulsion commune sur les entrées RETRIGGER et +TRIGGER.
Le tableau
ci-dessous résume quelques unes des possiblités offertes par le
4047:
| FUNCTION |
PINS CONNECTED TO |
OUTPUT PULSE FROM
PINS |
OUTPUT PERIOD OR
PULSE WIDTH |
| VDD |
VSS |
INPUT PULSE |
| astable multivibrator (free running) |
4,
5, 6, 14 |
7,
8, 9, 12 |
- |
10,
11, 13 |
at pins 10, 11: tA=4,40
RtCt
at pin
13: tA=2,20 RtCt |
| monostable (positive edge-triggering) |
4,
14 |
5,
6, 7, 9, 12 |
8 |
10,
11 |
at pins 10, 11: tA=2,48
RtCt |
| monostable (negative edge-triggering) |
4,
8, 14 |
5,
7, 9, 12 |
6 |
10,
11 |
| retriggerable |
4,
14 |
5,
6, 7, 8, 9, 12 |
- |
10,
11 |
Dans tous les cas, la
résistance sera connectée entre les broches 2 et 3, et le
condensateur entre les broches 1 et 3.
Notez que le modèle 4528 offre deux monostables indépendants, ce qui ouvre
d'intéressantes possibilités...

|